Pour ceux et celles qui suivent mon blog depuis un certain temps, vous savez que nous essayons de vendre notre appartement depuis deux ans et demi ... Nous avons perdu 18 mois avec un agent véreux, mais depuis un an, malgré de nombreuses visites, nous sommes toujours là ... Pourquoi? Une multitude de raisons: le marché immobilier, qui dégringole encore et encore, les banques qui ne prêtent pas, notre prix, pas assez compétitif (mais faut bien rembourser la banque!), notre vitrage pas double (ça se dit simple vitrage?), notre chaudière un peu trop vieille, notre position, trop loin de la grande route qui mène au centre ville ou
celles qui voudraient qu'on leur fournisse aussi un mari... je ne sais plus, j'ai tellement entendu "votre appartement leur a vraiment plu mais ..." ...
Depuis deux ans et demi, nous vivons dans le doute, l'attente et l'espoir. Nous avons déconstruit peu à peu toutes nos attaches ici, pris soin de ne pas se créer de nouveaux liens, en se disant que ce serait plus facile le moment venu de ne pas avoir à dire trop d'aurevoirs. Nous vivons en pointillés, entre deux visites. Il faut que l'appartement soit toujours propre et rangé, "visitable" au moindre coup de téléphone de l'agence. Je ne compte plus les matinées passées à ranger et récurer suivies d'après-midi devant la télé pour ne rien déranger, en attendant une visite en fin de journée, en croisant les doigts pour que ce ne soit pas l'heure de la sieste ou pire, de la tétée ... Nous nous sommes imaginés à Dundee, puis à Edimbourg depuis que le Petit Chimiste a changé de travail au début de l'année. Nous avons inscrit les grands à l'école sans savoir si nous serions encore là à la rentrée au mois d'août. J'amène Finn à un "baby and toddler group" à reculons, encore une fois, ne voulant pas trop m'impliquer humainement si nous devions finalement déménager. Je dois décider que faire dans quelques mois, lorsque mon congé maternité prendra fin - retourner peut être travailler au même endroit? entamer une formation? faire du soutien scolaire ou donner des cours de français et peut être un jour, me réorienter vers l'enseignement? Difficile de se décider quand on ne sait pas si l'on vivra sur la côte ouest ou est de l'Ecosse ... Et puis à chaque visite, l'espoir qui renait - on s'imagine de nouveau dans une grande maison, une chambre pour tous les enfants, un jardin de plain-pied - et la déception ensuite... "votre appartement leur a vraiment plu mais ....". Et à chaque refus, on trouve ça de plus en plus difficile, ces inconnus qui critiquent notre chez-nous.
Evidemment, on est à l'étroit; je ne pensais même pas que
ce serait possible de vivre ici à 5 dans nos 60 mètres carrés. Mais finalement, Finn est là depuis 7 mois et on a même survécu à l'hiver. Il n'a toujours pas de chambre et il a maintenant un lit à barreaux dans notre chambre. Non ce n'est pas l'idéal, oui c'est bien trop petit, non, on n'a pas de jardin juste à nous et accessible de plain-pied, mais c'est chez nous. Après tout, c'est notre premier appartement avec le Petit Chimiste. C'est ici que nos trois enfants sont nés (ou presque), nous les avons tous ramenés de la maternité ici, leurs couffins dans le salon, leurs premières nuits, leurs premiers pas, leurs premiers mots, c'était ici. Le bonheur d'être une famille, c'est ici que nous y avons goûté ...
Alors finalement, nous avons pris une décision. Arrêté d'attendre un miracle.
Nous avons retiré notre appartement de la vente.
Nous restons chez nous.
Il va falloir être un peu créatif pour trouver un petit coin de chambre pour Finn chez ses grands frères - quand il fera vraiment ses nuits. Ca fera un peu dortoir mais tant pis.
On va enfin pouvoir recommencer à vivre.
Ouf.