Pendant ma grossesse, je m’étais convaincue que j’aurais au moins une fille.
Ma sœur et la sœur du Petit Chimiste avaient toutes les deux rêvées que j’aurais des jumelles (avant même de savoir que nous allions avoir deux bébés !). Ma grand-mère et ma mère sont très fortes pour faire des filles. Mes copines ne « me voyaient pas » avec deux garçons. Quand je jouais à la poupée avec ma sœur, nous n’avions que des filles. Jamais des garçons. Les garçons ça sent mauvais et ça tire les cheveux. J’étais tellement sure d’avoir une fille que j’avais laissé ma sœur m’acheter des tout petits bodys en rose. Par sécurité, elle avait quand même pris des jaunes et des bleus. Et mes collègues quand ils ont appris que j’aurais des faux jumeaux se sont mis en tête que ce serait obligatoirement un garçon et une fille.
Dans tout ça, pas un seul argument scientifique, pas une seule preuve tangible. Pour une scientifique, ce n’est pas très cartésien comme attitude. Mettez ça sur le compte des hormones!
Le jour de leur naissance, Liam est arrivé en premier. Un garçon. Très bien.
Et puis il a fallu continuer à pousser pour le deuxième. Pour la fille. Qui s’est avéré être un petit Noah.
Je n’ai pas été déçue. J’étais tellement contente qu’ils soient enfin là, avec nous, en bonne santé. Fière d’avoir fait des enfants si parfaits. Et leur papa était tellement ravi d’avoir deux fils, c’est contagieux ces sentiments…
Mais inconsciemment, cela m’a pris plus longtemps à m’adapter. Pendant des semaines, je disais elle en parlant de Noah. J’ai gardé les bodys roses dans un tiroir. Puis petit à petit, j’ai accepté et maintenant je n’arrive pas à imaginer ce que serait notre vie avec une petite fille.
Mais ce serait mentir que de dire que je ne rêve pas d’avoir un jour une fille.
Pas forcément pour avoir une poupée à habiller de robes roses à dentelle, mais surtout pour la relation mère-fille.
Je ne veux pas tomber dans les stéréotypes mais je sais bien qu’en grandissant, mes garçons auront plus d’affinités avec leur père. Jouer au ballon dans le jardin, bâtir des châteaux de sable, patauger dans les flaques, je peux faire. Mais leur père le fera toujours mieux que moi. Les amener voir des match de foot ou de rugby le weekend, regarder le Grand Prix ou la Ryder Cup, descendre des pintes au pub quand ils auront l’âge, ils feront ça avec leur père. En revanche s’ils veulent regarder Masterchef ou les rediffusions de Friends, je me porte volontaire, mais j’ai comme un doute …
J’aimerais avoir une fille avec qui partager des « moments de fille » comme j’ai pu vivre avec ma mère, mes grand mères et mes sœurs. Les premiers cours de danse comme le décrivait Madame Pimousse. Les ateliers cuisine avec Maman. Apprendre à tricoter avec Mamie. Les petits restos le weekend pendant que mon frère allait voir un rallye avec mon père. Les premiers amours et les premières déceptions. Les films à la guimauve. Nos heures passées au téléphone. Nos expéditions en ville quand on est toutes à la maison ou nos après midi passés sur la terrasse à jacasser.
Peut être que je n’aurais jamais de fille. Mais j’ai maintenant une nièce. Une fille par procuration presque. Attention, Tatie gaga, c’est moi !







