dimanche 3 octobre 2010

Père au foyer (le temps d'un weekend)

Comme vous le savez, je travaille ce weekend. Dans mon usine, que des hommes, je suis la seule femme. Hier, ils m’ont tous demandé ce que j’avais fait de mes enfants (presque indignés de voir au travail une mère indigne qui abandonne ses enfants à la maison …). Je leur ai rappelé qu’ils avaient un père et qu’il était parfaitement capable de s’en occuper toute la journée. Hum hum…

Quand mon patron m’a demandé si je pourrais travailler ce weekend et le dernier week end d’octobre, j’ai accepté avec beaucoup d’appréhension et une pointe d’excitation. D’appréhension puisque jusque là le Petit Chimiste n’avait jamais gardé les garçons en solo une journée entière. Une soirée une fois endormis, une après midi au parc, oui mais une journée entière avec repas et sieste, non. Et puis une pointe d’excitation pour qu’il se rende compte enfin ce que c’est d’être responsable à 100%, de gérer la logistique, de penser aux milliers de petites choses toute la journée qui font que tout se passe bien et surtout ce que c’est que de passer la grande majorité de la journée en tête à tête avec deux nains. Parce que tous les dimanches de début mars jusqu’à fin octobre, le Petit Chimiste va faire du planeur. Ca ne me dérange pas plus que ça cette année mais l’année dernière quand ils étaient encore petits et les journées parfois encore difficiles, j’étais très jalouse de cette journée de répit où il n’était pas soumis au régime de nos deux apprentis dictateurs. Pleine de ressentiment, il me retrouvait très souvent de très mauvaise humeur en rentrant le dimanche soir! Alors deux jours en tête à tête avec ses garçons, j’avais hâte de voir comment il allait vivre ça.

Hier matin en partant, j’ai laissé une liste de recommandations. J’ai appelé 4 fois dans la journée. Evidemment ils étaient tous en vie, les petits mousses étaient habillés, changés, ils ont mangé et fait la sieste. Quand je suis rentrée, la maison était vide (ils étaient au parc) et on aurait dit qu’on avait été cambriolé. J’exagère à peine : dans la cuisine, toute la vaisselle de la journée dans l’évier, la machine à laver retournée avec de l’eau et des empreintes de pieds partout, les poubelles qui débordaient et la bouteille de lait sur le comptoir. Dans le salon, des jouets éparpillés, les restes du repas de midi sur la table et des miettes partout. Dans leur chambre, des couches souillées à coté du tapis à langer, les pyjamas sales en boule dans les lits. Dans notre chambre, des vêtements que j’avais repassés la veille roulés en boule dans le panier de linge sale et une lessive pas étendue. Prévisible. Parce que si je suis capable de faire tourner la maison ET m’occuper des enfants en même temps, je savais bien que pour mon Petit Chimiste, c’était un challenge de trop. Il a d’autres talents mais ce n’est pas un homme d’intérieur. Je dois pourtant lui rendre justice, il avait fait les courses et il a réparé la machine à laver. Mais il a reconnu que c’était très difficile de faire la moindre chose quand les garçons étaient dans les parages et il était choqué de se sentir tellement accaparé. Bingo.


Ce matin je suis partie travailler en regrettant de ne pas pouvoir passer la journée avec les trois hommes de la maison, mais avec la certitude qu’ils prendraient bien soin les uns des autres et que le Petit Chimiste se rendait enfin compte de la réalité du quotidien. Et oui, avoir des enfants, ce n’est pas seulement longues balades au parc et batailles de chatouille sur le lit...



Le Petit Chimiste, un grand enfant qui refuse de grandir...

vendredi 1 octobre 2010

La flatterie ne mène à rien ... enfin si quand même!

Il y a quelques semaines, je vous racontais comment Noah me faisait craquer avec ses Mummy à tout va ... Maintenant que j'ai été rebaptisée et que je trouve mon nouveau nom un tantinet moins atendrissant, le petit loup a du trouver un autre moyen de faire marcher sa maman sur la tête: la flatterie. Et oui, du haut de ses 22 mois, Noah maitrise déjà le compliment qui fait mouche!
Tous les matins quand j'arrive dans leur chambre, les mains chargées de biberons, Liam m'accueille avec des pleurs et des supplications "Monia, mi'k, mi'k MIIIIIIK ... " ce que je traduirais par "Maman, depêche toi de me sortir de mon lit et de me coller mon biberon dans le bec". Noah lui me regarde des pieds à la tête et me gratifie d'un "Wow, Monia t'is nice!" ce que je traduirais "Oh là là Maman, que tu es belle aujourd'hui, comme tous les jours, tu es si belle ma maman (oui bon je m'emballe et alors!?)"
Ah votre avis, lequel je sors du lit en premier?

jeudi 30 septembre 2010

Un rayon de soleil dans la tempête

La semaine dernière, une semaine difficile mais heureusement adoucie par l'arrivée de la délicieuse petite Flavie.

Ma première nièce, la première cousine des garçons, la fille de ma soeur, un rayon de soleil.

Je n'ai qu'une hâte c'est d'aller la rencontrer, la prendre dans mes bras, respirer ce parfum de bébé et caresser la douceur de sa peau.

C'est tellement beau un nouveau né.

mercredi 29 septembre 2010

J'arrête de crier - Compteurs à zéro

Après avoir tenu presque 2 semaines, j'ai crié vendredi ET samedi ET dimanche... Compteur remis à zéro lundi matin.

Je ne sais pas trop pourquoi j'ai craqué aussi facilement car les garçons n'étaient pas particulièrement plus difficiles ou plus turbulents que d'habitude.
En fait si, je sais. Une semaine difficile, très difficile au boulot où j'ai pensé sérieusement à démissioner. La perspective de travailler 12 jours d'affilée car je travaille ce weekend. Une machine à laver en rade après qu'un plombier incompétent venu réparer une autre fuite ait "accidentellement" coupé le tuyau de la machine - grosses fuites et je dois maintenant rester à coté de la machine quand elle rince pour vider la bassine - au rythme d'une machine par jour, vous imaginez la perte de temps. Un appart qui ne se vend toujours pas. Des voisins qui m'insupportent de plus en plus chaque jour. Un controle technique de ma voiture qui va couter très cher. Un ras le bol général. Envie d'être ailleurs.

Bref, j'ai passé ma frustration sur mon petit Chimiste et mes enfants. Parce que je sais qu'ils m'aiment et me pardonneront. Mais ce n'est pas une raison. C'est facile finalement de ne pas crier, de ne pas s'énerver quand tout va bien, quand il n'y a pas de stress extérieur. Mais dès qu'un grain de sable tombe dans l'engrenage, que ce soit de la fatigue, du stress, une déception, tout prend des proportions démesurées et la moindre incartade de mes loulous me font sortir de mes gongs. A moi de trouver d'autres moyens d'extérioriser la mauvaise humeur créée par d'autres autrement qu'en criant. Des suggestions?

mercredi 22 septembre 2010

J'arrête de crier - Public, je vous aime

Je me suis rendue compte que je crie très rarement en public. Je crie à la maison ou dans la voiture, quand je suis seule ou juste avec le Petit Chimiste mais presque jamais quand quelqu'un pourrait me voir ou m'entendre. Les rares fois où j'ai crié, c'est en général dans des situations dangeureuses, comme quand Noah m'a échappé et que j'ai eu tellement peur que je l'ai grondé très fort! Je ne pense pas que je fasse ça consciemment mais peut être au fond de moi, je me dis que ce n'est pas acceptable de crier sur ses enfants et j'ai peur d'être jugée?

Maintenant que j'ai commencé le challenge et que je sais que je dois rendre des comptes en quelque sorte et expliquer mes cris et mes colères, c'est presque comme si je criais en public. Je ne compte plus les fois où j'ai commencé à monter le ton et arrêté immédiatement en pensant au challenge. En me demandant ce que vous alliez en penser. En me disant que vraiment, c'était ridicule, inutile ou honteux de crier pour ci ou ça.

On conseille souvent aux gens qui se mettent facilement en colère de prendre une grande respiration ou de tourner 7 fois leur langue dans leur bouche avant de parler.
Moi j'essaie d'imaginer qu'il y a une autre personne dans la pièce, une copine, un membre de ma famille, une lectrice du blog ... Je me demande ce qu'il ou elle penserait en me voyant perdre le controle comme ça et en général ça suffit pour me calmer.

Et vous vous avez quoi comme astuce pour faire retomber la colère?

dimanche 19 septembre 2010

Paranoia?


Récemment, au Royaume Uni, nous avons eu quelques drames d'enfants attaqués par des chiens dit méchants. Déjà que je suis plutôt une cat person qu'une dog person, ces fait divers qui resurgissent régulièrement ne font rien pour me réconcilier avec la race canine. J'ai pourtant grandi avec un chien et je tolère sans problème les chiens de ma famille ou de mes amis. Les chiens avec lesquels j'ai un problème, c'est ceux qui courent en liberté dans les parcs, qui ne sont pas tenus en laisse, ne répondent pas à leur maitre et s'approchent trop près de mes enfants quand leur maitre n'est pas là.



Cet après midi, nous étions en promenade dans un parc de Glasgow. Liam menait la marche à une dizaine de mètres devant moi, en train de courir après un écureuil. Loin derrière nous, le Petit Chimiste avec Noah qui insistait pour pousser sa poussette tout seul ... Tout d'un coup, un Doberman surgit de nulle part et court à toute vitesse vers Liam en aboyant ... En une fraction de seconde, j'ai réalisé que je ne pourrais pas arriver à Liam à temps et je me suis mise à hurler NO NO NO en courant vers lui. Liam complètement inconscient du danger regardait le chien s'approcher de lui en répétant "doggie, woof, woof" Pour lui, tous les chiens sont doux et affectueux comme dans les livres d'image. Finalement, le chien ne s'intéressait qu'à l'écureuil mais je repense encore en tremblant à ces quelques secondes pendant lesquelles j'ai imaginé le pire.

Le propriétaire du chien en question a finalement réapparu alors que je serrais Liam fort dans mes bras et que le Petit Chimiste arrivait en courant, affolé par mes cris. Il s'est à moitié excusé de m'avoir fait peur, mais en sous entendant que j'avais un peu paniqué pour rien. Il a poursuivi son chemin comme si de rien n'était, sans laisse ni muselière pour son chien. J'étais tellement sous le choc que je ne lui ai rien dit! Deux autres propriétaires de chiens (en laisse) qui marchaient avec le Petit Chimiste avant que je ne me mette à hurler sont arrivés ensuite et très gentiment se sont assurés que Liam n'avait rien et que je n'étais pas trop secouée. Ils m'ont ensuite rappelé que tous les chiens doivent être tenus en laisse dans les parcs de la ville et m'ont proposé d'appeler le gardien du parc. Je n'avais qu'une envie c'était de rentrer à la maison et j'ai décliné leur proposition. Je sais bien que l'immense majorité des chiens ne feraient pas de mal à une mouche et qu'ils ont autant besoin de se dépenser que mes enfants mais pourquoi promener sans laisse un chien classé comme dangeureux dans un parc familial où les chiens doivent être tenus en laisse? Et pourquoi me ridiculiser pour avoir instinctivement voulu protéger mon enfant?

Maintenant que le choc est retombé et que mes bébés dorment paisiblement et en sécurité dans leur chambre, je me demande si j'ai paniqué trop vite, si je suis trop influencée par ces faits divers... Je ne veux pas que mes garçons grandissent avec une peur irrationelle des chiens mais je veux aussi qu'ils comprennent que tous les chiens ne sont pas Spot. Et vous, vous aurez fait quoi? Est ce que vous réussissez à ne pas transposer vos peurs sur vos enfants? Propriétaires de chien, vous pensez quoi des parents qui sont persuadés que votre chien va attaquer leur progéniture et vous font les yeux noirs si votre chien s'approche trop près ?



Liam, une dizaine de minutes avant le "drame"

PS - Une semaine que je n'ai pas crié (NO NO NO cet après midi ne compte pas) (woohoo !!!)

samedi 18 septembre 2010

Il y a 10 ans


Il y a 10 ans aujourd'hui, j'étais à l'aéroport de Montpellier avec mes deux valises en partance pour Manchester. Je promettais à ma Maman en larmes que ce n'était que pour un an, le temps d'obtenir mon double diplôme et que ça allait passer vite.

En arrivant à Manchester, il pleuvait, mes pieds étaient trempés dans mes ballerines et mes valises étaient à Paris après avoir raté leur correspondance. J'ai maudit ce lendemain de soirée trop arrosée où je me suis retrouvée dans le bureau des Relations Internationales de mon école d'ingénieur. Une soirée épique avec le groupe d'Erasmus de notre école que nous avons finie avec ma copine Vinciane en répétant à qui voulait l'entendre 'Next year we're going to Manchester' ... Evidemment le lendemain matin, j'aurais pu revenir sur mes paroles d'ivrogne et décider que next year, j'allais rester à Montpellier. Mais à 22 ans et encore chez ma maman, je trouvais que c'était une bonne occasion de quitter enfin le nid. J'ai ensuite passé l'été à compter les jours jusqu'à mon départ, impatiente de quitter le train train de Montpellier, de commencer une nouvelle vie loin de ma famille étouffante, loin du nid. Ce soir de septembre 2000, à Manchester sans mes valises, je n'avais qu'une envie c'était de le retrouver mon nid. Le lendemain, sous le soleil et mes valises arrivées, je retrouvais mon enthousiasme. Cette année fut sans aucun doute l'une des plus mémorables de toute ma vie. L'année des rencontres, de l'ouverture, du changement. Coté académique, soyons honnête, ce ne fut pas une année très bénéfique mais coté humain, incomparable... Evidemment vous savez maintenant que je ne suis jamais rentrée à Montpellier. J'ai rencontré mon Petit Chimiste à Manchester et je ne l'ai plus jamais quitté....

Il y a 10 ans, j'étais une petite étudiante célibataire et sans responsabilités qui pouvait partir vivre à Manchester pour un an sur un coup de tête avec toute sa vie dans deux valises. Aujourd'hui à l'heure du bilan de ces dix dernières années je ressens un mélange de fierté, de bonheur et de satisfaction mais aussi un peu de tristesse et de nostalgie.

Je suis fière, reconnaissante et heureuse du chemin accompli. Professionellement, j'ai terminé mes études un doctorat en poche et j'ai de la chance d'avoir un boulot stable. Dans ma vie privée, j'ai trouvé le compagnon qui partage ma route jour après jour, mon meilleur ami et le père de mes enfants. J'ai deux beaux enfants en bonne santé qui font beaucoup de bêtises mais remplissent malgré tout leurs parents de bonheur. J'ai un toit au dessus de ma tête, nous ne sommes pas dans le besoin.
Mais l'insouciance, la liberté de la Pépette d'il y a 10 ans me manquent parfois... La Pépette d'il y a 10 ans avait toute sa vie adulte devant elle et une infinité de choix. Maintenant, il y a beaucoup de choix qui sont faits pour moi. Par nécessité, par devoir, parce qu'il faut payer les factures et mettre du pain sur la table. Parce que c'est ça aussi d'être adulte.
Mais surtout, surtout, mon éternel dilemme de working mum me préoccupe de plus en plus... Je ne suis pas satisfaite de mon équilibre professionel et personel ... Je suis contente de mon travail mais je m'y ennuie parfois, me demandant si je ne serai pas mieux ailleurs, plus utile et plus épanouie ... Quand j'ai repris le travail, j'étais convaincue (ou me suis-je convaincue?) que je n'étais pas faite du bois dont on fait les mères aux foyers ... Maintenant, je ne sais plus ... Je les vois grandir et j'ai l'impression de passer à côté de tellement de choses ... Et surtout j'ai l'impression que le temps m'échappe, que je n'ai plus le contrôle de ma vie, comme si j'étais sur une autoroute, filant à grande vitesse à travers les années, chemin tout tracé, arrêts possible seulement aux aires d'autoroute (Noël, deux semaines au mois d'août ...) alors que ce dont j'ai envie c'est de prendre les départementales, de m'arrêter là où j'ai envie, quand j'en ai envie ...

Je pense que les 10 prochaines années verront encore de grands changements dans notre vie, et j'espère que je réussirais à sortir de l'autoroute ...

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...