Ah ça on peut dire qu’ils savent entretenir le suspense. Depuis avant Noël, ils faisaient mine d’être prêts. Noah se lâchait et tenait debout quelques secondes. Liam a fait quelques pas tout seul le 1er janvier. Hésitant, mais tout seul. On leur a acheté des chaussures de marche. ‘It’s only a matter of time’ les éducatrices de la crèche me répétaient tous les jours. Et puis rien. Pendant des semaines. Deux petits garçons instables, deux petits culbutos qui voulaient désespérément marcher mais seulement avec la main de leur maman dans la leur. Mais tout seul, hors de question.
Pourtant j’étais prévenue. Quand les garçons ont préféré le bum shuffle au quatre pattes, j’ai aussi découvert qu’ils marcheraient certainement plus tard que leurs copains. A l’époque cette information m’avait réjouie. J’appréhendais le passage à la marche, deux petits garçons lâchés dans notre petit appartement, en train de me vider mes étagères, ca m’angoissait. Et puis avec le temps qui passait et leur masse corporelle qui s’élevait, je me suis rendue compte que deux petits garçons qui, a défaut de marcher, seraient au moins capable de se tenir debout sans aide, ca me faciliterait quand même bien la tâche. Et tant pis pour les étagères. Alors j’avais hâte qu’ils marchent. Mais maintenant que moi j’étais décidée, eux non!
La semaine dernière, sa grand-mère de France à peine débarquée de l’avion, Liam a eu le déclic. Alors que jusqu'à maintenant il se jetait par terre ou dans les bras après 2 pas, il s’est mis à marcher à une allure raisonnable, à reprendre son équilibre quand il commençait à vaciller. Il a passé une heure à faire des allers retours de plus en plus long entre nous deux. Et comme rien ne vaut un peu de compétition entre frères jumeaux, Noah, qui en avait certainement marre de toute l’attention que recevait son frère s’est mis lui aussi à faire quelques pas tout seul. Alors que la veille il hurlait si je faisais mine de vouloir lui lâcher la main ! Evidemment ils sont encore loin d’être des marcheurs expérimentés et la question ‘lequel je ramasse en premier ?’ m’a traversé l’esprit un certain nombre de fois cette semaine. A défaut de me faire greffer des bras élastiques, façon Inspecteur Gadget, j’ai rajouté de l’Arnica dans ma trousse de secours.



